vendredi 24 novembre 2017

SOIS PAS RATCHO, PAIE TA PROMO !

Tu veux que je chronique ton disque, ton bouquin, ton fanzine ?
Alors, tu me l'envoies. Le VRAI.
Pas des putains de MP3, CD-R gravés tout miteux ou autres misérables fichiers PDF...

Je veux du concret, du palpable, de l'authentique, "sonnant et trébuchant". Et pas du vent.



D'aucuns m'objecteront que les temps sont difficiles, que le problème touche en priorité les groupes et autres artistes créateurs qui ont de plus en plus de mal a ne pas perdre d'argent suite a une production. Ils me feront observer que les petits groupes ont du mal à rentrer dans leurs frais lorsqu'ils réalisent un disque ou se produisent sur scène, ou bien encore que les maisons de disques et autres éditeurs  font des économies sur ce qui ne leur semble pas très utile, préférant recentrer leurs efforts promotionnels en ne ciblant que quelques "grands" médias, qu'il s'agisse de magazines pro ou de sites internet à large audience. Du reste, les structures indépendantes vendant leurs productions à des prix modérés (par rapport à ceux que pratiquent les grandes enseignes sur des productions mainstream), je n'allais pas me ruiner en faisant moi-même l'effort... d'acheter. Si je ne le faisais pas, honte éternelle sur moi, puisque je ne soutenais alors pas "la scène", que celle-ci soit musicale ou littéraire.

Désolé, mais je persiste et signe : qu'il soit bien entendu de tous que je ne chroniquerai QUE ce que l'on m'envoie en promo. C'est une question de principe. Il peut toutefois m'arriver exceptionnellement de le faire pour quelque chose que j'ai acheté, en cas de gros coup de coeur et d'envie de faire partager mon engouement. Mais cela reste l'exception qui confirme la règle, et ce n'est en outre pas demain la veille que je me sentirai obligé de chroniquer ce que j'ai dû banquer. Les prix "modérés" (ce qui reste tout relatif) pratiqués par les labels indés ne changent rien au fait que l'on ne peut quand même pas se permettre de tout acheter. Et ce d'autant moins lorsqu'on n'a objectivement pas une thune. Ce qui est mon cas depuis déjà un moment, et pour quelque temps encore...

Autre objection que l'on m'oppose de temps à autre, compte tenu du faible tirage de leurs productions, les labels et éditeurs seraient ruinés s'ils devaient envoyer gratuitement 50 ou 100 exemplaires promotionnels desdites productions aux chroniqueurs divers de fanzines plus ou moins confidentiels ou d'obscurs sites et blogs  internet. Qu'à cela ne tienne, je leur répondrai que dans ce cas, à l'instar de plusieurs structures existantes -et pas nécessairement parmi les plus grosses- , il leur suffit juste de faire fabriquer 50 ou 100 exemplaires supplémentaires spécifiquement destinés à cet effet, ce qui, tous comptes faits, ne leur revient généralement pas beaucoup plus cher que de faire fabriquer les 300, 500, 1000 ou 2000 exemplaires initialement prévus et destinés à la vente. On me fera difficilement admettre que 350, 550, 1050 ou 2050 exemplaires coutent vraiment beaucoup plus cher à la fabrication que 300, 500, 1000 ou 2000...

Qu'on me permette de rappeler en outre que sans les fanzines, et sans les sites et blogs divers (depuis les deux dernières décennies), l'information ne circulerait que très peu, les petits labels péricliteraient, les salles peineraient à se remplir, et la scène aurait tôt fait de se retrouver réduite à peau de chagrin. Ce ne sont rien de moins que des maillons essentiels de la chaîne, et il convient donc de leur accorder toute la considération qu'ils méritent.

Faire un fanzine, un blog, un site, cela représente aussi un investissement personnel non négligeable, ne serait-ce qu'en termes de temps passé, d'énergie mobilisée et de travail rédactionnel et technique, lorsque cela n'implique pas aussi des charges financières plus ou moins lourdes. Il m'apparait donc légitime et pour le moins logique d'avoir au moins droit à un exemplaire promo de la production que l'on chronique, car c'est la seule forme de "rémunération" (en nature) que l'on perçoit pour son travail. Travail promotionnel dont le résultat, du reste, a pour but d'attirer l'attention sur les prods concernées, et est donc susceptible d'entraîner des ventes supplémentaires chez les lecteurs... Vu ainsi, le coût des envois promo est relatif, puisqu'il peut très bien se voir largement amorti par les ventes suscitées. A chacun de peser le pour et le contre, donc.

L'intérêt de faire un zine ou un webzine, c'est aussi cela : au delà de la simple satisfaction morale d'avoir accompli, créé quelque chose, c'est également celle de se sentir au moins un peu reconnu, et de recevoir quelques trucs gratos en guise de récompense, pour toutes les chroniques, interviews et autres textes que l'on peut pondre afin de promouvoir artistes et labels. Il ne faut pas se mentir, et avoir la franchise de l'admettre. Ceux qui, la main sur le coeur, se défendent avec indignation de toute arrière-pensée de ce type se mentent à eux mêmes, comme ils mentent à ceux qui préfèrent s'auto-persuader de ne voir chez eux qu'une sorte d'élan de dévouement vertueux et totalement désintéressé. En réalité, ce n'est pas ainsi que les choses fonctionnent. Chaque partie doit être gagnante, dans l'affaire; et ce n'est jamais, si l'on y réfléchit bien, que tout naturel. En tout cas, cela me semble aller de soi. C'est ce qui pourrait s'appeler, en quelque sorte, un contrat d'entraide tacite, de type synallagmatique (impliquant une certaine réciprocité).

Concernant le fait de recevoir des disques originaux, on m'a fait remarquer que cela se fait rare de nos jours, et que les temps où cela était chose courante remonteraient à plus de vingt ans. Ici aussi, je me dois de m'inscrire en faux contre une telle assertion. Cette belle époque des envois promotionnels de VRAIS disques, bouquins, zines etc, elle ne me semble pas si lointaine que cela, pour ma part. Au début des années 2000, j'en recevais encore plein, de toutes parts, au point d'être submergé et de ne plus avoir ni le temps, ni la motivation de tout chroniquer. C'était trop, je ne pouvais tout simplement plus suivre. D'autant plus que je recevais même des trucs de la part de labels et de groupes que je n'avais pourtant jamais sollicités (!). Aujourd'hui, on semble être tombés dans l'excès inverse... Mais ce phénomène ne me semble pas si vieux que cela. Pour ma part, je le fais remonter à une dizaine ou douzaine d'années. Pas plus.


Ceci dit, si l'on rechigne à m'envoyer des nouveautés, ça ne m'empêchera pas de dormir. Tant pis pour ceux qui ne daigneront pas faire cet effort. Qu'ils sachent toutefois qu'ils ne font ainsi que se priver de chroniques potentiellement très positives, et dont l'effet promotionnel n'aurait peut-être pas été tout à fait négligeable. Ce qui est tout de même, on me l'accordera, un peu ballot... Mais bon. Grand bien leur fasse. Il ne faudra cependant pas qu'ils se plaignent si, au final, le succès de leurs productions s'avère très en dessous de ce qu'ils escomptaient. Comme le dit l'adage, on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs, et donc, en ne consentant qu'à faire parcimonieusement quelques efforts promotionnels minimaux, on n'obtient en  définitive qu'une promotion minimale, pour un impact minimal en termes de ventes. Rien de plus logique.

En ce qui me concerne, après tout, je peux fort bien me contenter de toutes mes "vieilleries". J'ai largement de quoi faire avec tout ce qui a été réalisé au cours des quatre dernières décennies, et donc, si l'on dédaigne le "petit", le misérable gueux que je suis avec mes webzines fauchés,  je pense que je me remettrai assez vite du traumatisme et de la frustration endurés (Humour ^^). J'ai néanmoins la vanité de croire que, ne rédigeant pas trop mal, je n'ai pas pour habitude de rédiger des chroniques ou critiques médiocres, bâclées, quelconques ou insipides. Aussi, tout travail méritant salaire, il m'apparait pour le moins évident qu'il vaut bien, en échange quelques objets originaux dont le coût unitaire de fabrication n'est somme toute que très modeste. J'invite donc les différents acteurs concernés à y réfléchir sérieusement, car c'est, je pense, dans l'intérêt de tous.



Hans Cany
(Webzines WARDANCE et REQUIEM)

samedi 13 mai 2017

THE BROTHERHOOD OF PAGANS : Interview [1996]





Les BROTHERHOOD OF PAGANS, forts de la reconnaissance dont ils se sont montrés dignes en commettant leur superbe album "Tales of Vampires", comptent désormais parmi les fers de lance incontournables de la scène Gothic Rock hexagonale. Oeuvrant dans un style énergique, mélodique, cristallin, et chargé d'émotions, le combo des environs de Compiègne, en Picardie, a su s'imposer sur le devant de la scène Dark aux côtés de CORPUS DELICTI et consorts, partageant avec ces derniers l'insigne privilège d'être un groupe français connu et apprécié du public étranger.


Interview exclusive initialement publiée dans le N°3 du fanzine REQUIEM GOTHIQUE,
octobre 1996


Propos recueillis par Hans Cany
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Quelle est la motivation première qui vous amenés à former un groupe dans la lignée musicale qui est la vôtre ?


Il n'y a pas eu de motivation à proprement dit de former un groupe qui ait telle ou telle lignée musicale. Cela aurait été limitatif. Nous avons crée un groupe dans lequel chacun a apporté (et apporte) ses envies, ses influences, pour réaliser une musique qui est la notre. La lignée musicale qui en découle est le fruit de cette alchimie.
Nous ne nous sommes pas réunis en nous disant, avant même de jouer de nos instruments (de musique !), que nous allions faire du gothique ou tout autre chose. Nous aurions sûrement échoué en échafaudant une telle stratégie.





Pourquoi avoir opté pour ce nom de BROTHERHOOD OF PAGANS ?
Cela relève-t-il d'un choix précis, ou est-ce simplement lié à l'imagerie mystico-spirituelle associée au milieu "gothique", pris dans son ensemble ?

Dur fut le choix de BROTHERHOOD OF PAGANS. Tout d'abord parce que nous étions 6 à chercher LE nom. Autant dire qu'à force de se creuser la tête, chacun avait 3, 4 ... 5 ou 6 idées, d'où la difficulté pour trancher !Ensuite, nous voulions trouver un nom qui soit en accord avec notre façon de penser, nos moeurs, notre culture. Le nom devait être le reflet de ce que nous voulions exprimer, une "vitrine" au travers de ce groupe et de ses chansons (textes, images, musique). BROTHERHOOD OF PAGANS est le nom qui a réussi à fédérer toutes nos idées, et a donc été adopté.


Le titre de votre premier album reflète l'intérêt que vous portez au thème du vampirisme. Qu'implique pour vous ce type de symbolisme ?
Finalement, "Tales of Vampires" a été choisi selon la même démarche, que pour le choix de BROTHERHOOD OF PAGANS. Il correspond à l'atmosphère que nous voulions imprimer à cet album. Le vampire est fascinant, il est le passage obligé entre mysticisme et magie. Il est le culte du paradoxe de toute existence. On ne peut dire s'il est l'élu des dieux par sa grandeur, son pouvoir ou s'il n'est qu'un jouet, un pantin par lequel il se rit des "mortels". Le vampire est rongé par ses pouvoirs d'immortalité, sa magie, cette force unique qu'il tire du meurtre de ses semblables mortels. Pas un n'échappe à ce destin. Quiconque croise son chemin est à la fois envoûté; fasciné mais aussi pétrifié à l'idée qu'il va peut-être être exécuté, impuissant. Ensuite par son immortalité, il est omniprésent à travers les siècles. Or nous sommes à la fois attiré (de par les jeux de rôle notamment) par les ambiances médiévales fantastiques mais également par les périodes fin 19ème ou début 20ème (propre à Chtulu). Sans oublier les ambiances futuristes, post-apocalyptiques : Pouvoir et Magie sont éternels à l'instar des vampires.



Quel regard la
Confrérie des Païens porte-t-elle sur les religions ? Avec des chansons telles que "Sinner comes to bits", ce thème semble lui aussi vous être cher... Et d'ailleurs, quelle est votre conception personnelle du paganisme ?

La Confrérie des Païens prône la liberté de culte et de pensée. Notre conception du paganisme est à l'opposé de tout dogme réducteur. Y compris ceux qui prôneraient une religion purement "païenne", dans la mesure où ce courant serait amené à exclure les "non affiliés". Tout mouvement de pensée doit être sous certaines formes de nature passive. C'est pourquoi nos textes dénoncent souvent les barbaries inquisitrices des courants forts qui ne font que dissimuler des prétentions politiques personnelles. "Sinner comes to bits" est un mélange de toutes ces notions : Vampirisme, sexe, Mysticisme, et dénonciation de l'église chrétienne. Nous adorons donner de multiples sens cachés à nos textes de façon à traiter tous les sujets qui nous tiennent à coeur. A chacun d'y trouver un sens en nos morceaux.

Vos centres d'intérêt musicaux semblent plutôt orientés vers la tendance gothique "puriste" , de type FIELDS OF THE NEPHILIM, SISTERS OF MERCY... Certaines tendances de la nouvelle vague goth vous intéressent-elles, ou restez-vous exclusivement attachés aux références originelles ?

Il est vrai que 3/4 de nos influences appartiennent à "l'ancienne génération" :  SIOUXSIE & THE BANSHEES, BAUHAUS, SISTERS OF MERCY, FRONT 242, KILLING JOKE, THE MISSION, DEAD CAN DANCE ... pour ne citer que les plus connus. Ce que l'on peut reprocher à la nouvelle vague goth, c'est de vouloir appartenir au "Goth-A" (à l'élite goth quoi !!!) des groupes précités. On tombe alors trop souvent dans l'ersatz; mais c'est un réflexe naturel que de rêver à devenir un groupe de référence,  surtout à être comparé aux groupes fétiches. C'est pourquoi si nombre de groupes actuels sont intéressants, nous restons attachés en effet aux valeurs "éprouvées".



Ceci dit, on décèle chez vous une rythmique beaucoup plus "rock" et énergique que celle de la plupart de vos groupes cultes. De plus, au niveau chant et mélodies, certains vous rapprochent de CORPUS DELICTI. Acceptez-vous la comparaison ?

Beaucoup de gens nous comparent à CORPUS DELICTI; c'est à ceux qui nous écoutent de juger. Si comparaison il y a, pourquoi le nier ? Pourtant les ressemblances sont à notre avis peu nombreuses, en considérant bien sûr que nous appartenons tous deux à une mouvance similaire, ce qui forcément crée des points communs !! Mais encore une fois, c'est au public de juger. La comparaison ne viendrait-elle pas du fait que CORPUS et nous soyons deux groupes français ?
La différence notable est que les CORPUS ont atteint une vitesse de croisière en matière de productions et s'affirment de plus en plus sur leur style.
Le notre peut encore évoluer, s'éloigner ou se rapprocher du style des CORPUS.
En tout cas la comparaison ne peut-être que flatteuse, étant donné leur succès.



Êtes-vous satisfaits de la façon dont ont été accueillies vos premières réalisations, jusqu'à maintenant ? Et à quand le prochain album ?


Tout dépend de la façon dont on se place : notre album "Tales of vampires" semble avoir été bien perçu par le public, il semble avoir été un bon vecteur de promo si l'on en juge par l'accueil fait par les chroniques et les interviews dans les pages des fanzines. Le super boulot de DARKLAND OF TEARS fait que notre album se vend dans plusieurs pays (USA, GB, Belgique, Australie, Allemagne ...). Il y a encore quelques années nous n'y pensions même pas !
Par contre l'absence de gros label de distribution est un poids pour nous, puisqu'elle nous ferme la porte de gros points de vente sur le marché français.
C'est assez énervant d'avoir la certitude que notre album se vendrait bien s'il était distribué sur le plan national (FNAC ...), et de voir que les labels sont assez frileux. Sommes nous si nuls ?... (Je t'aime le lundi, je t'aime le mardi ...) Si tu es un label et que tu es intéressé par nos chansons écris-nous !!!
Peut-être allons nous nous recycler variétoche ... ?!
Pour ce qui est du prochain album, c'est une idée qui fait son chemin, le problème reste celui qui dépend du 1er CD. Si les moyens nous le permettent pourquoi ne pas tenter l'aventure ?


Merci d'avoir bien voulu répondre à ces questions.
Quelque chose à ajouter pour conclure ?

Nous avons été totalement absents depuis plusieurs mois, suite au départ d'Elrik, le bassiste. Il nous a fallu beaucoup de temps pour accepter l'idée de le remplacer, notre groupe n'étant pas seulement une histoire de musiciens.
Nous avons fini par passer à l'acte et nous avons accueilli un nouveau membre.
Le but premier est de pouvoir dès que possible renouer avec la scène qui nous manque terriblement !!! Welcome !
Enfin, un gros merci à Requiem Gothique, et nous espérons vous retrouver bientôt dans la pénombre d'une sale de concert.Paganly yours...













dimanche 7 mai 2017

THE BROTHERHOOD OF PAGANS : Tales of Vampires [CHRONIQUE]


Darkland of Tears
1995

  Le premier album tant attendu de la Confrérie des Païens hisse le groupe au rang des groupes phares de la scène gothique hexagonale, et demeurera sans conteste l'un des meilleurs disques  produits au cours de la décennie dans cette catégorie.

  Les dix titres ici présents sont tout simplement excellents, et l'on remarquera tout particulièrement, parmi eux, la présence du génial "Resurrection", qu'il nous avait d'ores et déjà été donné de découvrir sur la compilation double CD "GOTHIK", sortie quelques mois auparavant sur le célèbre label américain Cleopatra Records.

  Les BROTHERHOOD OF PAGANS, outre leur nom qui n'est pas fait pour me déplaire, constituent à mes yeux une grande révélation de la scène dark française, celle-ci n'ayant désormais plus rien à envier au Royaume-Uni, à l'Allemagne ni aux USA, de par la qualité de ce qu'elle peut engendrer. La lignée musicale du combo picard est à rechercher du côté du Gothic Rock éthéré des FIELDS OF THE NEPHILIM et consorts, mais agrémenté d'une énergie de type Deathrock/Batcave, tout droit héritée du Post-Punk. Le son de l'ensemble, voix comprise, se rapproche sensiblement de cette autre formation de qualité que sont les Niçois de CORPUS DELICTI, donnant naissance à de superbes atmosphères sombres et mélodiques. Les guitares ont une sonorité très cristalline, et la qualité du travail de composition, dans sa globalité, s'avère absolument remarquable.

  Les thèmes abordés dans les textes, comme l'indique le titre du CD, se rapportent à la thématique du vampirisme, et sont souvent empreints d'une défiance et d'un cynisme implicites, voire carrément explicites, orientés à l'encontre de l'Eglise chrétienne et de son hypocrisie en tant qu'institution. C'est notamment le cas, entre autres, de l'excellent morceau "Sinner comes to bits", et cela se retrouve également dans une illustration du livret, reproduisant la photographie d'une grotesque machine à "confession automatique"...

  En résumé, nous tenons donc là un premier album particulièrement enthousiasmant, qui s'imposera incontestablement comme une référence majeure en matière de Gothic/Deathrock français. Il s'agit bel et bien là d'un disque incontournable, que tout fan de ce type de musique doit impérativement connaître et se procurer, sous peine de passer à côté de quelque chose d'essentiel. Déjà un grand classique !



Hans

[Chronique initialement parue dans le fanzine
REQUIEM GOTHIQUE N°2, février 1996 E.V.]

 
Tracklist :

1. The Gathering
2. Don't Fall
3. Warshow
4. Resurrection
5. Black Art
6. Sinner Comes To Bits
7. Halloween
8. Rooms
9. Guilty
10. God Damn My Soul







 

jeudi 28 avril 2016

HELLBATS : Interview 2004

 
Les HELLBATS sont un groupe français qui, du moins à ses débuts, pratiquait un mix original  de Psychobilly, de Punk Rock, et de Hard Rock/Metal, comme une sorte d'improbable et étonnante alchimie entre MOTÖRHEAD, MAD SIN et les MISFITS.

Interview avec le chanteur/guitariste Elie (alias Elibats) par Hanns Wehrwolf (Hans Cany), réalisée le 26 janvier 2004 en exclusivité pour WARDANCE
 
 
Hans : Salut. Question classique pour commencer toute interview : peux-tu présenter le groupe aux lecteurs de WARDANCE, et en dresser un petit historique ?...
Elibats : On est originaires de l'Est de la France, et on a commencé le groupe il y a environ 7 ans. A la base, HELLBATS est un trio de Rockabilly/Psychobilly (guitare/contrebasse/batterie), mais au bout de quelques années, on a eu envie de faire quelque chose de nouveau. Fini les sons clairs, on voulait faire une musique beaucoup plus lourde et plus contemporaine. Aujourd'hui, on nous classe en " Psychobilly New School ", ou en " Hard-Punk'n'Roll ". On a adopté un deuxième guitariste en décembre 2003, et maintenant on est 4. On a sorti un split maxi 45trs avec le groupe australien BLUE MOVIE en 2001, et un mini CD 6 titres l'année dernière. On a aussi des titres sur des compils françaises, et sur une compil brésilienne.

Pour un groupe Psycho, votre son est assez atypique, puisque les HELLBATS semblent à la croisée des chemins du Punk Rock, du Psychobilly, et du Hard Rock/Metal... Es-tu d'accord avec cette description, et correspond-elle vraiment, selon toi, à votre orientation musicale ?
Oui, c'est vrai qu'on n'est pas un groupe de Psychobilly classique. Pour nous, ça ne sert à rien de faire le la musique qui a déjà été faite, on déteste les groupes plagiat. On a vraiment envie de faire de la musique originale. On a une base Rock'n'Roll et Psycho, mais on écoute beaucoup de Hard rock, de Thrash Metal, de Punk Rock, de Blues, et de Hardcore. On est influencés par de nombreux styles, et on joue la musique qu'on aime. Si les puristes ne sont pas contents, on les emmerde !

Comme tout groupe Psycho qui se respecte, votre nom, votre imagerie, votre attitude, et vos textes semblent assez marqués par les thèmes de l'horreur, de l'épouvante, etc. On peut même dire que les HELLBATS sont assez proches de l'état d'esprit "Horror Punk" à la MISFITS. Assumez vous pleinement cette "face obscure" du groupe ?

L'imagerie " dark " est très importante pour HELLBATS. On adore les ambiances macabres et glauques, la musique festive nous ennuie. Moi, je suis fan de groupes comme BLACK SABBATH, DANZIG, MISFITS, TURBONEGRO, WHITE ZOMBIE, MINISTRY, KING DIAMOND…
On a passé notre adolescence à regarder des films d'horreur et à écouter de la musique " dark ". Dans nos paroles, j'utilise souvent des monstres et des histoires fantastiques pour décrire des situations réelles. Les vrais démons, ce sont TF1, " Star Ac' ", et compagnie !



 
Vous ne semblez pas particulièrement être un groupe engagé politiquement.
Mais au-delà de ça, vous intéressez-vous quand même aux problèmes sociaux, idéologiques, environnementaux, etc ? Partagez-vous tous les mêmes vues , ou avez-vous des idées différentes sur toutes ces questions ?
On évite de parler politique dans le Rock'n'Roll, car la politique divise souvent les gens. Le seul thème politique qu'on aborde est l'écologie. On a 2 ou 3 textes qui dénoncent la pollution et les catastrophes nucléaires. On a aussi quelques textes sur la folie, car on veut montrer que les fous ne sont pas forcément les malades dans les hôpitaux psychiatriques : les fous sont bien plus nombreux dans la rue et à la télévision !

 
 
Votre premier MCD "Fast'N'Heavy" semble avoir été plutôt bien accueilli par le public et par la presse. En êtes-vous pleinement satisfaits, et est-il représentatif de la voie que suivra le groupe sur ses futures réalisations ?
A quand un album longue durée ?
 
 

On a eu pas mal de bons échos suite à la sortie de " Fast'n'Heavy ", et ça nous fait plaisir car on avait bossé pour ce disque, et les bonnes critiques nous ont encouragés. On va enregistrer un album " longue durée " en 2004, on a déjà une dizaine de titres qui sont prêts. On va d'abord enregistrer une maquette en avril pour l'envoyer à des maisons de disques, et on espère trouver un label compétent.


Pour la réalisation du CD, comment vous êtes-vous arrangés ?...
Coproduction ?... Il semble aujourd'hui assez difficile pour les jeunes groupes de signer sur des labels compétents et disposant de moyens suffisants, et ne parlons même pas de l'accès aux réseaux de distribution...
Pour " Fast'n'Heavy ", on a fait une coproduction entre " Nova Express " et notre association " Les Productions de l'Impossible ". On était distribués par United Music Company , mais la boîte a fait faillite… (la poisse !). C'est très difficile d'être bien distribués et d'avoir une bonne promotion, les gros labels veulent des groupes de Néo-Métal ou de Rap, mais les jeunes groupes alternatifs, je crois que ça ne les intéresse pas beaucoup… Il n'y a plus de travail de carrière, les maisons de disques veulent se faire un maximum de fric le plus rapidement possible. Mais il ne faut pas baisser les bras, et le principal, c'est de faire la musique qu'on aime.
   
Faites-vous beaucoup de concerts ? Et en général, jouez-vous uniquement
au sein de la scène Psychobilly, ou vous arrive-t-il de partager l'affiche avec des groupes issus d'autres milieux musicaux, comme les scènes Punk, Metal, Hardcore, etc ?


On a pas mal tourné après la sortie de " Fast'n'Heavy ", on a joué en France, en Allemagne, en Suisse, en Hollande, et en Belgique. On a fait une super tournée de 10 dates en Allemagne avec HELLBILLYS, un groupe Psycho/Punk de San Francisco. Souvent, on tourne aussi avec les 4 groupes de notre asso : HAWAII SAMURAI (Surf), TWO TONE CLUB (Ska 60's), KRYPTONIX (Psychobilly), et HELLBATS. On a surtout joué dans la scène Psycho et Punk Rock, et de temps en temps aussi avec des groupes Metal ou Ska. On a dû annuler tous nos concerts entre juin et octobre 2003, car j'avais une tendinite et je ne pouvais plus jouer de guitare. On va reprendre les concerts en février 2004.


Quel est ton point de vue sur la guerre sans merci que veulent livrer les grosses maisons de disque au "piratage" (CD gravés, MP3, etc) ?... Selon vous, à quoi est dû le développement spectaculaire de ce phénomène ? Et en tant qu'artistes musicaux, le "tout-répressif" vous semble-t-il une réponse adéquate ?...
D'un côté je suis pour, car le prix des CDs dans les magasins comme Virgin ou la Fnac est trop élevé. Et d'un autre côté, le piratage tue la musique. Je comprends qu'on puisse pirater un groupe qui vend des milliers d'albums (et encore), mais pas un groupe underground. Rien ne m'énerve plus qu'un mec qui dépense 25 euros en bière dans sa soirée, et qui va te dire qu'un album à 14 euros c'est trop cher !…


Nous abordons maintenant la nouvelle année 2004. Que va-t-elle donc nous réserver, concernant les HELLBATS ?...
J'espère qu'on aura plus de chance qu'en 2003, car suite à ma tendinite, j'ai dû arrêter la guitare pendant 6 mois. On a prévu d'enregistrer notre album cet été, et de faire une tournée pour le promouvoir à la rentrée. Ce qui est sûr, c'est qu'il sera encore plus lourd et puissant que " Fast'n'Heavy ".
 
 
 
Merci beaucoup pour tes réponses à cette interview ! Pour conclure, aurais-tu quelque chose à ajouter ?... Ou peut-être un message à adresser aux lecteurs de WARDANCE ?...
 
Merci à ceux qui ont lu cette interview jusqu'à la fin, et merci à WARDANCE. J'espère que notre prochain disque vous plaira, et qu'on pourra se croiser à un de nos futurs concerts.



Pour en savoir plus :



LES PRODUCTIONS DE L'IMPOSSIBLE
(Label et association, avec entre autres  Elibats) :
 

Dates de concerts et news :
 


 
 
 
 
 
Extrait de l'album "Unleashed 'N' Alive" (2006), marquant un tournant plus "Heavy Rock" :




samedi 23 avril 2016

KILLING JOKE : Into the Unknown... [VIDEO]


Nous plongeons dans l'inconnu...

Freedom so great
To fight for food
Compete for shelter
Who is the top dog ?
Is this the winter of humankind ?
What has become of us ?
What made us blind ?
After disclosure comes
Man takes his rightful place
Amongst the stars
The celestial barge awaits
One by one, we embark
To the sun behind the sun
Cast off, steer straight
Into the unknown
I stride in fury and forgetfulness
Towards a house of hate and death
O how lonely is the earth
As greed and blood and weapons curse
To every man a hope above
To every child a tale of love
Between our lips are cities unbuilt
One law to follow
Do what you will
After disclosure comes
Man takes his rightful place
Amongst the stars
The celestial barge awaits
One by one, we embark
To the sun behind the sun
Cast off, steer straight

Into the unknown...



 

vendredi 1 avril 2016

KILLING JOKE VIDEOS : "New Cold War" & "I am the Virus"


 Without any doubt, two of the best videos
KILLING JOKE ever made so far.

Sans aucun doute, deux des meilleures videos officielles  que KILLING JOKE ait jamais faites à ce jour.





NEW COLD WAR
Closing in on the Eastern border
It's a unicentric one world order
With Sino-Russian capitulation

It's an orchestrated end of nations
Food prices soaring
As the sanctions kicked in
And all the hawks cried more
Oil prices falling
And the propaganda talks war
Minerva has decreed a state of attrition, hostilities

New Cold War !
New Cold War !
New Cold War !

In the Arctic wastes under sheets of ice
Mineral resources corporate forces eye
Occupation ensures supply
Colour-coded revolutions sustain the lie
Food prices soaring
As the sanctions kicked in
And all the hawks cried more
Oil prices falling
And the propaganda talks war
Minerva has decreed a state of attrition, hostilities

New Cold War !
New Cold War !
New Cold War !

Breaking in a cold sweat just like the good old days
The drum beat of hostilities has started to play
A perverted thrill reminiscent of the big chill
Hair trigger giving everyone a shiver
Food prices soaring
As the sanctions kicked in
And all the hawks cried more
Oil prices falling
And the propaganda talks war
Minerva has decreed a state of attrition, hostilities

New Cold War !
New Cold War !
New Cold War !


BONUS : "EUPHORIA" VIDEO





 

jeudi 24 mars 2016

WARDANCE IS BACK !

Jawohl, der Kriegtanz ist zurück ! *
En cette fin de mois de Mars 2016 de l'Ere vulgaire, ce webzine reprend le nom de la Danse de la Guerre, marquant ainsi le renouveau officiel de WARDANCE. C'est une aventure ancienne de près de vingt ans, qui se poursuit. Sans même parler de ses prémices sous d'autres noms, sous forme de fanzine papier dès le troisième trimestre de l'an 1987 EV. Reste que, même en ne tenant compte que de la forme portant le nom de WARDANCE, tout a débuté voici deux décennies, à une époque où l'accès à Internet n'était pas encore généralisé, mais où il commençait à s'élargir sensiblement.

  WARDANCE est en effet né en 1998, et fut  d'abord un fanzine papier, ainsi qu'une VPC de disques doublée d'un site internet/webzine au forum très actif jusqu'en 2010. Un groupe Facebook, que vous pouvez rejoindre à  l'URL https://www.facebook.com/groups/wardance2 , incarne la renaissance, dans la continuité, d'un forum réputé pour son éclectisme comme pour son anticonformisme. Il constitue la présence du webzine sur Facebook. 

Venez régulièrement consulter le présent blog et la WARDANCE Playlist de Facebook, vous y trouverez à coup sûr du bon son et des lectures instructives.

Hanns Wehrwolf

Webführer de Wardance


* : "Oui, la Danse de la Guerre (Wardance, Kriegtanz) est de retour


The atmosphere's strange out on the town
Music for pleasure, it's not music no more
Music to dance to, music to move
This is music to march to

Do a Wardance !





lundi 15 février 2016

UK DECAY : New Hope for the Dead [CHRONIQUE]

Rainbow City Records / UK Decay Records
2013

Je l'avoue, je le confesse. Bien qu'étant un grand fan du vieux UK DECAY depuis ma découverte du groupe en 1988, je n'avais guère été convaincu, début 2013, par le premier trailer annonçant un nouvel album, lequel allait sortir en mai de la même année. Une compilation de courts extraits mal choisis m'avait induit en erreur en me laissant présager, à tort, que la nouvelle cuvée de UK DECAY s'avérerait décevante, et qu'on aurait peine à y reconnaître le vieux groupe culte qu'on avait tant aimé naguère. Fort de cette première impression faussée, j'avais donc boudé, littéralement ignoré l'album depuis sa sortie jusqu'à une date très récente, persuadé qu'il n'était porteur d' aucune bonne surprise. Je craignais qu'au contraire il témoignerait à coup sûr d'un piteux naufrage, lequel allait fatalement engloutir le mythe corps et biens. Il me faut bien l'admettre, à présent : ce fut une lourde erreur de ma part que d'être passé si longuement à côté de ce petit chef d'oeuvre, digne successeur du monumental LP "For Madmen Only" de 1981.

Ce sont exactement trente-deux ans après ce premier album longue durée que "New Hope for the Dead", sa suite très attendue et longtemps restée inespérée, voit donc enfin le jour, sous l'égide d'un groupe reformé et visiblement revigoré. On sent ici bien plus qu'une simple résurrection, au contraire de tant de dinosaures musicaux qui se sont reformés ces dernières années, et qui se contentent de surfer sur une certaine vague nostalgique; l'énergie, la conviction et l'inspiration créatrice en moins. Dans le cas particulier de UK DECAY, il convient davantage de parler de renaissance, puisqu'en fait, c'est bel et bien le groupe que l'on avait gardé en mémoire qui nous revient. Qui plus est au meilleur de sa forme. Mais justement, avant d'entrer dans le vif du sujet, parlons-en un peu, de sa forme.

Les premiers pressages CD et LP (vinyl) de "New Hope for the Dead" nous parviennent  en effet présentés dans une  pochette gatefold à la texture particulière, qui lui donne à la fois un aspect et un toucher hors du commun. L'effet visuel obtenu, en 3D, reproduit l'éclat d'une peinture à l'huile et/ou vernie, coups de pinceaux et apparence luisante y compris. Cette technique graphique constitue une première mondiale en matière d'artwork pour supports musicaux. On pourra néanmoins déplorer que cet artwork, reproduisant de façon austère et minimaliste - pour ne pas dire sommaire - les lignes des drapeaux états-unien et britannique en noir brillant sur noir mat, soit tout sauf explicite. Reproductions d'oeuvres d'un artiste dénommé Franko B, elles ne laissent apparaitre nulle part le nom du groupe et le titre de l'album, que l'on ne peut découvrir qu'en ouvrant la pochette gatefold... Seul un petit autocollant discoïdal apposé sur le blister de cellophane qui enveloppe les exemplaires neufs annonce laconiquement "UK Decay - New Hope for the Dead". Une façon, sans doute, d'éviter un échec commercial complet par simple manque de visibilité. L'objet en lui-même n'est pas aisément identifiable au premier coup d'oeil, et semble ne s'adresser qu'à une caste restreinte d'initiés. Mais après tout, cela ne résulte-t-il pas d'un choix délibéré de la part de UK DECAY, artistes sombre s'adressant de facto à une sorte d'élite noire ? C'est à voir.

Côté sonore, les inquiets et autres sceptiques qui attendaient le groupe au tournant, et qui à vrai dire redoutaient presque tous le pire, en seront pour leurs frais. Dès le splendide premier morceau qui ouvre l'album, "Shake 'em up", on se retrouve immédiatement téléportés là où UK DECAY nous avait laissés en 1983, comme si cette toute nouvelle composition avait été enregistrée au lendemain de la sortie du live sur cassette audio  "A Night For Celebration". Une excellente surprise est que l'on retrouve, outre le son caractéristique du combo historique, la voix du chanteur Abbo, aux accents tragiques et aux tonalités si particulières, qui nous revient absolument inchangée. On retrouve là tous les ingrédients qui ont ensemble contribué à forger l'âme unique de UK DECAY, et qui ont propulsé jadis le quatuor au rang de référence quasi-légendaire du Punk sombre et du Post-Punk à tendance gothique ou Batcave.  L'identité musicale du groupe originel est donc pleinement respectée et restituée, pour le plus grand soulagement - ou à la grande surprise -  de tous ceux et toutes celles qui n'en attendaient pas tant.

Le morceau suivant, au curieux titre de "Heavy Metal Jews", et dont les paroles déplorent "l'antisémitisme ambiant" -  l'ensemble des juifs ne devant pas être tenu collectivement responsable de la politique de l' "Etat d'Israël" -  confirme ce brillant retour aux sources musicales, mais en y ajoutant cette fois une pointe de son moderne, assez puissant. Le troisième titre "Next Generation ????" s'aventure quant à lui sur des terres inattendues, lesquelles ne sont pas sans rappeler les expérimentations post-punks du BLACK FLAG de la période des albums "In My Head" et "Loose Nut". Essai fort réussi. Mais le plus surprenant arrive avec le morceau "Killer", dont le texte vise très explicitement l'impérialisme agressif des USA, et dont le son de la musique comme des vocaux reflète une modernité auquel le groupe ne nous avait jamais habitués jusqu'à présent. Si cela peut quelque peu dérouter de prime abord, une ou deux écoutes supplémentaires permettront d'apprécier l'exercice à sa juste valeur. Passé l'effet de surprise, on remarquera qu'en réalité la "patte" de UK DECAY marque bien l'ensemble, tout en s'ajoutant à quelque chose de neuf. C'est d'ailleurs cette chanson, emblématique d'une certaine volonté d'explorer des sonorités à la fois plus dures et plus techniques, qui figure aussi en face A du single tiré de l'album, même si l'on peut regretter ce choix qui n'est pas véritablement représentatif de l'ensemble du disque.

Dans la série des incontournables petits joyaux que recèle "New Hope for the Dead", il serait indécent de ne pas mentionner également des morceaux aussi remarquables que "This City is a Cage" ou "Revolutionary Love Song", qui font tant honneur au UK DECAY originel qu'ils méritent, à l'instar de ceux qui ont été précédemment cités, de figurer dans son anthologie discographique. Le reste du disque se partage entre surprenante expérimentation à la limite entre Blues et Disco ("Woman with a Black Heart"), expérimentation bizarroïde au son froid et synthétique, plus scandée que chantée et dépourvue de  rythmique ("Shout"), une sorte de ballade popisante à l'instrumentation minimaliste voire presque acoustique ("All the Faces in History"), et une efficace incursion sur le terrain d'un pop-rock puissant matiné d'une touche post-punk qui fleure bon l'âge d'or du style, répondant au titre sombrement ironique "I feel good".
Il se referme sur le sépulcral  "Drink", sorte de requiem
quasi-incantatoire sur une orchestration mêlant orgue d'église et complaintes de violon mélancolique. Une prière funèbre qui vient superbement clore un nouvel opus dont on regrette déjà qu'il soit si court, après plus de trente ans d'attente...

On l'aura donc compris, à la lecture des quelques lignes descriptives qui précèdent : si, en matière de musique, les bonnes surprises se font hélas désespérément rares aujourd'hui, surtout de la part de gloires du passé dont le retour s'avère souvent au mieux honorable et au pire très décevant, le retour de UK DECAY s'inscrit indéniablement, avec "New Hope for the Dead", au nombre
plus restreint encore  des divines surprises. Pour des raisons d'ordre affectif tout autant que par pure objectivité, il sera bien évidemment difficile de déloger le légendaire "For Madmen Only" de la plus haute marche du podium, qu'il semble devoir occuper pour l'éternité. Néanmoins, il ne semble pas exagéré d'avancer  que "New Hope for the Dead"  peut se classer à peine une ou deux marches en dessous... Autant dire qu'il s'agit véritablement d'un bon, d'un très bon, et même d'un excellent disque, de ceux qui ont l'étonnante faculté de faire remonter le temps sans être en décalage ni même en rupture totale avec les sons  actuels. 

Avec sept à huit titres sur onze qui soutiennent aisément la comparaison avec les grands classiques du groupe, et dont cinq ou six sont seraient carrément dignes de figurer sur une compilation d'anthologie de type "best of", "New Hope for the Dead" nous démontre avec éclat qu'il est encore possible aujourd'hui, pour notre plus grand bonheur,  d'avoir  droit à du grand UK DECAY totalement nouveau et inédit. Saluons comme il se doit le retour triomphal  de ces grands anciens qui firent jadis leurs premières armes aux côtés des BAUHAUS, PLAY DEAD, KILLING JOKE, JOY DIVISION, 1919 THE WALL et autres SOUTHERN DEATH CULT, et qui sont depuis toujours restés d'incontournables légendes. Le tout premier groupe, à en croire le chanteur Abbo, à avoir employé le terme de "gothique" pour définir sa musique, dans le cadre d'une interview à l'aube des années 80.  

Si vous appréciez la "grande époque" du groupe, sachez donc que vous pouvez vous jeter sans appréhension aucune, les yeux fermés, sur cette somptueuse petite merveille malencontreusement passée inaperçue sous nos cieux. Foi de blogueur, de fanzineux et de chroniqueur ayant acquis un semblant d'expérience au fil des années, je puis vous garantir que vous ne le regretterez pas.

Hans


TRACKLIST :
1. Shake 'Em Up
2. Heavy Metal Jews
3. Next Generation ????
4. Killer
5. This City Is A Cage
6. Woman With A Black Heart
7. Revolutionary Love Song
8. Shout
9. All The Faces In History
10. I Feel Good
11. Drink



UK DECAY : Shake 'em up

UK DECAY : This City is a Cage

UK DECAY : Revolutionary Love Song

UK DECAY : Killer


Site officiel :
http://www.ukdecay.co.uk/


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https://www.facebook.com/ukdecays