vendredi 20 avril 2018

MISANTHROPIC EXISTENCE : Death Shall Be Served [CHRONIQUE]

MISANTHROPIC EXISTENCE
Death Shall Be Served

CD Digipack
Aesthetic Death
2018


 Premier album de ce groupe anglais basé dans les Midlands, et qui sévit  dans une veine Death Metal old school particulièrement brutale et chaotique, dans la lignée de DEICIDE et consorts. Du Death brut de décoffrage et assombri donc, agrémenté ici et là de quelques touches de Brutal Black Metal. Si l'expérience vous tente, alors préparez-vous à encaisser plus d'une heure non-stop de cris barbares, de grondements furieux et autres vociférations ultra-gutturales, sur fond de rythmes de batterie tachycardiaques et de mur du son apocalyptique.

 Comme le veut le style, et comme le suggère le nom même de la formation, le concept en son entièreté se veut viscéralement misanthropique, haineux, nihiliste. Il s'exprime à travers une imagerie et des thématiques à fortes connotations satanisantes et blasphématoires, tournant notamment autour d'un violent rejet des religions dites "du Livre", et autres réjouissances apparentées.
 
 Le tout est bien évidemment violent, fort bruyant, un tantinet linéaire, et à moins d'être un expert confirmé en la matière, tenter de distinguer les unes des autres les onze compositions ici rassemblées peut s'avérer quelque peu hasardeux, voire relever de la gageure... Mais qu'à cela ne tienne, les fins connaisseurs, les inconditionnels du genre et autres distingués mélomanes sauront sans nul doute apprécier l'oeuvre et ses subtilités à leur juste valeur.     

 Reste que, bien évidemment, ladite oeuvre n'est pas de celles qu'il convient de mettre entre toutes les mains. Disons-le sans détours, ceci s'adresse clairement aux fans de gros Death qui tâche, de bourrineries bien grasses pour lesquelles le carnage sonore et la brutalité extrême priment sur l'élaboration de mélodies comme sur la création d'atmosphères. D'ailleurs, à vrai dire, il n'est nullement question ici d'ambiances ténébreuses, ni de riffs accrocheurs, et encore moins de clavier aux nappes évocatrices. Du début à la fin, seule une sorte d'épouvantable boucherie auditive impose son règne sans partage sur l'album. Et dans ce domaine, nul besoin d'être expert confirmé pour s'apercevoir que MISANTHROPIC EXISTENCE est d'ores et déjà passé maître.

 A titre personnel, bien qu'affectionnant divers types de Metal extrême (Dark/Black Metal, Doom-Death, Funeral Doom etc), je me dois quand même de préciser que le style de ce groupe n'est pas -du tout- ma tasse de thé. Cette surenchère dans la brutalité, perçue comme une fin en soi, a pour moi quelque chose d'intrinsèquement immature, et de fondamentalement ennuyeux. Ne stimulant ni l'imagination ni la réflexion, n'invitant nullement à la rêverie ni au "voyage" mental, il s'agit à mon sens d'une démarche créatrice un peu trop terre à terre, et qui de ce fait manque cruellement de profondeur. Ce n'est pas là ce que je recherche dans la musique, laquelle est avant tout, pour moi qui ne suis pas musicien et n'ai aucune compétence technique en la matière, affaire de ressenti et d'émotions, d'ambiances, de stimuli psychiques. Je ne puis donc trouver mon compte chez les jusqu'au boutistes de la violence primitive bête et méchante. Ceci dit, ce point de vue n'engage bien entendu que moi. Et puisqu'il faut, parait-il, de tout pour faire un monde, il va de soi qu'il en faut aussi pour tous les goûts...

 Hans Cany



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TRACKLIST

1. Sacrificial Slaughter
2. Decadent, Pestilent, Piss-sodden sub-race
3. Kill Yourself
4. Monetary Mausoleum
5. Rancid Vermin Flesh
6. Misanthropic Existence I
7. Illusory Manifest Reality
8. Molested By the Abrahamic Gods
9. War-Torn Earth and Blood Soaked Skies
10. Verisimilitude
11. Humanicide

Durée totale : 64mn 50s

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FULL ALBUM



samedi 14 avril 2018

LEGITIME VIOLENCE : Défends [CHRONIQUE]

LEGITIME VIOLENCE
Défends
CD Digipack
Martel en Tête
2017

 Dès les premiers instants, le disque s'ouvre sur une longue intro de plusieurs minutes compilant des extraits radiophoniques et audiovisuels censés mettre en garde les auditeurs - avec un humour tout aussi involontaire que jubilatoire - contre le péril mortel que constituerait la montée en puissance de la "Bête immonde" au coeur de la Belle Province. Et dès lors, aucun doute n'est permis : à en juger par l'accent caractéristique de ces divers commentateurs et intervenants, il apparait clairement que nous avons ici affaire à un enregistrement en provenance directe du pays des caribous. Et quel enregistrement !

 Avec ce nouvel opus, les Québécois de LEGITIME VIOLENCE signent leur troisième album depuis 2011, ou bien leur quatrième si l'on tient compte de leur split album avec THE HAWKS, réalisé en 2015. Ouvertement affiliés au mouvement Atalante, collectif militant identitaire très remarqué et qui semble assez actif à l'heure actuelle en Nouvelle France, ils nous assènent ici dix titres au son énorme et à la production surpuissante, s'inscrivant dans le registre d'un R.A.C. francophone fortement teinté de Hatecore, cette variante sulfureuse du Hardcore régulièrement diabolisée et mise à l'index par la presse musicale conventionnelle et les médias aux ordres, en raison de ses paroles politiquement incorrectes, de son radicalisme anti-Système, et du discours globalement très offensif qu'elle véhicule. En l'occurrence, on peut dire que le groupe fait tout particulièrement honneur aux canons du genre.

 Portés par des vocaux aux tonalités criées, typiques du style et qui impriment efficacement au message délivré une connotation d'extrême urgence, tous les sujets brulants d'actualité qui fondent le combat politico-culturel de LEGITIME VIOLENCE sont ainsi  successivement abordés et dénoncés sans détours, sur fond d'appel pressant au réveil du peuple et à la résistance  : invasion migratoire, islamisation galopante et menace islamiste, destruction de nos identités ancestrales et des valeurs traditionnelles, mondialisme, dictature ploutocratique, aberrations de l'esprit marchand, oppression libérale, nouvel ordre mondial, parlementarisme pourri, politiciens corrompus, "antifas" et autres petits flics de la pensée... Tout y passe, sans l'ombre d'un début de compromis.

 Les chansons sont entrecoupées de samples médiatiques semblables à ceux qui forment l'intro de l'album, ce qui contribue, de façon à la fois ludique et édifiante, à en renforcer l'impact. Les paroles sont quant à elles intelligentes, bien écrites, parfaitement audibles et compréhensibles en dépit du phrasé rageur, et l'instrumentation, marquée par des sonorités agressives comme par une énergie aussi débordante qu'imparable, n'en témoigne pas moins d'un fort bon niveau de maîtrise musicale. A noter aussi, pour les connaisseurs, que l'album se referme sur un clin d'oeil au fameux groupe italien INTOLLERANZA, en reprenant son hit underground "Come il vento" ("La Rivoluzione é come il vento..." etc).

 La renommée grandissante de ce groupe, qui déborde aujourd'hui des frontières du Québec pour venir s'imposer aussi outre-Atlantique, n'est donc pas usurpée, loin s'en faut, compte tenu de la qualité de ses compositions et de ses prestations scéniques. A titre personnel, je ne suis pourtant guère porté sur le Hardcore et autres sous-courants apparentés, ce style ne faisant, de façon générale, pas partie de mes préférences, et ne figurant donc pas au nombre de mes références de prédilection. Et pourtant, je dois bien avouer que je n'ai ressenti ni ennui ni déplaisir à l'écoute de "Défends", ce qui est pour le moins exceptionnel et témoigne bien du fait que, dans le genre, c'est du bon. Les fans de R.A.C. comme de Hatecore ne pourront donc qu'apprécier à sa juste valeur ce digipack accompagné d'un livret de douze pages, lesquelles retranscrivent la plupart des textes de l'album. Il importe enfin de préciser que ce dernier n'a été pressé qu'à 500 exemplaires... Autrement dit, si l'objet vous tente, ne tardez donc pas à en passer commande.

Brown Vermin





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TRACKLIST

1. Bienvenue en Enfer
2. Snitch Hunter Club
3. Défends
4. Atalante
5. Das Kapital
6. P.O.W.
7. Still Rock'n'Roll
8. B.O.V.
9. Demain nous appartient
10. Come il Vento

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EXTRAITS 




 

samedi 17 mars 2018

BKR42 : Renaissance [CHRONIQUE]

BKR42
Renaissance

CD

Martel en Tête
2016


 S'il y a quelqu'un que l'on  ne s'attendait guère à retrouver dans la mouvance Electro-Industrielle, c'était bien Laurent, chanteur de BUNKER 84. Mais que l'on n'aille toutefois pas se méprendre quant au titre de de premier opus de BKR42. Il ne s'agit nullement ici de l'improbable résurrection de ce qui porte clairement la marque de son temps, mais bel et bien de renaissance, en ce sens qu'il est question de renaître sous une forme totalement nouvelle et inédite. Le but de l'exercice consiste à affirmer le caractère fondamentalement protéiforme de BUNKER / BKR, sa faculté d'évolution, d'adaptation aux changements d'époques et de contextes traversés. Il s'agit de bâtir quelque chose de véritablement neuf, sur la base de ce qui conserve une valeur intemporelle, par-delà les formes plus ou moins datées qui l'ont naguère précédé.

 Autant le dire d'emblée, donc : les attentes de ceux qui espèrent trouver en BKR42 la continuité directe, sur le plan stylistique, de ce que fut BUNKER 84 , courent tous les risques d'être amèrement déçues. En revanche, une approche sans a priori, moins sectaire, plus réceptive aux sonorités synthétiques et davantage ouverte à l'innovation, a toutes les chances de permettre de découvrir et d'apprécier à sa juste valeur ce véritable petit "ovni" discographique.
 
 Plus que de simples remixes de grands classiques du défunt groupe ("Dure réalité", "Gloire à toi", "Les feux de joie", "Les travailleurs", "Vieux kontinent", "Jeunes loups"), il serait sans doute plus exact et plus pertinent de parler de nouvelles versions à part entière. Loin de se contenter d'un simple bidouillage façon Electro des pistes enregistrées jadis pour BUNKER 84, chaque morceau se voit en fait retravaillé de fond en comble. 

 Les vocaux sont quant à eux  complètement réenregistrés pour s'adapter de façon optimale à un style Electro-Indus glacial aux accents martiaux et aux rythmiques parfois dansantes, et les textes des chansons, subtilement réécrits, gagnent incontestablement en profondeur et en maturité ce qu'ils auront sans doute un peu perdu en excès rhétoriques comme en dimension provocatrice. L'ensemble, donnant ainsi lieu à une interprétation entièrement nouvelle, s'avère globalement beaucoup plus mûr, plus réfléchi, plus rassembleur et plus fédérateur qu'à l'époque de BUNKER 84, et s'adresse donc à un public nettement plus large et diversifié.

 Ces fort réjouissantes réinterprétations se voient en outre complétées de quelques compositions inédites non moins réussies, ainsi que d'une surprenante reprise en anglais de LEGION 88, le tout s'inscrivant bien entendu comme le reste de l'album dans une lignée musicale sombre et des envolées quasi-technoïdes du meilleur effet.

 Si, pour l'heure, nul n'est hélas en mesure de prédire si ce premier essai de BKR42 se verra ou non complété d'une suite - seul l'avenir nous le dira - celui-ci restera en tout cas une indéniable réussite, n'en déplaise aux quelques esprits chagrins dont le parti pris se sera résumé à dénigrer ce qu'ils sont en réalité inaptes à comprendre. Il serait en effet inepte de prétendre juger de la qualité et de l'intérêt d'une oeuvre nouvelle à l'aune de créations anciennes dont la forme comme l'esprit se situaient à plusieurs années-lumière, tout comme il serait d'ailleurs injuste et arbitraire de la rejeter d'emblée, au seul motif de l'identité et du passé de son auteur. Cette Renaissance vaut objectivement beaucoup mieux que cela, et les moins bornés ne s'y tromperont de toute évidence pas.  


Envie d'aller plus loin, en chevauchant le tigre...  
Vivement recommandé.

Doktor G




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TRACKLIST

01. Sacrifice (01:07)
02. Dure Réalité (04:56)
03. Gloire À Toi ! (04:38)
04. Décombres et Lumière (05:34)
05. We'll Overcome (04:34)
06. Les Feux De Joie (03:50)
07. Les Travailleurs (04:51)
08. Vieux Kontinent (01:23)
09. Renaissance (04:21)
10. Noir Blanc Rouge (05:11)
11. Jeunes Loups (06:06)
12. Mens Sana In Corpore Sano (03:38)


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CD disponible directement
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du label :
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EXTRAITS

Teaser de l'album

"Décombres et Lumière"

"Jeunes Loups"

"We'll overcome"





samedi 24 février 2018

BUNKER 84 : Totale Studio Collection 1987-1988 [CHRONIQUE]


BUNKER 84
Totale Studio Collection

Double CD Digipack

Martel en Tête
2017


 Encore une excellente initiative à porter au crédit de Martel en Tête, et non des moindres, puisqu'il s'agit cette fois de la réédition officielle de l'intégrale d'un des plus grands noms de la scène R.A.C. française des années 80. Et quelle réédition ! Nantie d'une très bonne qualité sonore comme d'un packaging de qualité, celle-ci se place d'emblée très au dessus de tous les mauvais bootlegs, parfois réalisés à partir du simple piratage d'un vieux vinyl ("pittoresques" craquements et son étouffé à la clé), qui ont pu circuler de temps à autres sous le manteau ces vingt dernières années. Oubliez donc tous ces médiocres bricolages au rabais : place à l'authentique, au vrai, à l'échelon supérieur.

 Se présentant sous la forme d'un somptueux digipack à trois volets au format boîtier DVD, orné d'une
figuration épique et très évocatrice de Jeanne d'Arc pour un artwork de toute beauté, ce double CD réunit pas moins de 28 titres, comprenant tous les morceaux enregistrés entre 1987 et 1988. Sont donc ici présentes toutes les compositions qui figuraient originellement sur le premier volume de la  compilation "Debout !", sur le premier single "Vieux Continent" , ainsi bien sûr que l'intégralité des deux albums "Notre Combat" et "Liberté !", tous sortis en leur temps sur le fameux mais défunt label Rebelles Européens.
L'objet est en outre accompagné d'un feuillet de quatre pages, sur lequel figure un très intéressant petit texte de Laurent, le chanteur, retraçant l'historique du désormais mythique combo picard.


 Les grands anciens de BUNKER 84 sont de ces groupes aujourd'hui cultes qui font figure en France d'incontournables pionniers du genre. Il n'est sans doute pas exagéré de dire que leur influence durable aura marqué toute une génération de skinheads et de militants nationalistes, et qu'ils auront, avec quelques-uns de leurs mémorables contemporains tels que LEGION 88, KONTINGENT 88, BRUTAL COMBAT et autres NOUVELLE CROISADE, déblayé le terrain pour ouvrir la voie à une nouvelle scène qui n'existait auparavant pas dans le pays. C'est en effet toute une filiation de groupes apparentés qui, depuis la fin des années 80, peut se réclamer à juste titre de leur héritage direct. Parmi ceux qui auront depuis lors repris le flambeau, D.S.H., DURANDAL, PANZERJÄGER ou plus récemment HUMUNGUS ne comptent assurément pas au nombre des moins remarquables.

 Musicalement, on peut d'ailleurs considérer BUNKER 84 comme l'un des principaux fondateurs du son R.A.C. à la française, du moins de celui qui caractérisait bon nombre d'autres formations issues de cette même première vague, ou qui s'en sont directement inspirées par la suite. On pourrait décrire ce style comme un dérivé plus lourd de la Oi!, avec un plus gros son et un esprit martial exacerbé, le tout chapeauté par des vocaux testostéronés, aux accents rageurs caractéristiques. Mais la différence avec la Oi! conventionnelle est plus flagrante encore sur le plan textuel, puisque toutes les chansons - ou presque -  des groupes de R.A.C., sont constituées de paroles radicalement engagées et sans équivoque.
A commencer bien sûr par celles de BUNKER 84, d'autant plus que ses membres s'affichaient à l'époque comme ouvertement militants, affiliés au P.N.F.E. (Parti Nationaliste Français et Européen, inactif depuis 1999).

 C'est ainsi que l'on pourra ici retrouver de nombreux titres devenus de grands classiques du genre, comme "Lâche Dictature", qui appelle à la révolte face à la répression dont fait systématiquement l'objet, aujourd'hui en France, l'expression des idéaux nationaux-socialistes, "France Réveille-Toi !", appel pressant à un nécessaire sursaut  national, "Victime des Démocraties", vibrant hommage au martyr Rudolf Hess, le croustillant "Mein Kampf", qui n'est pas sans rappeler le délicieux "Juin 40" de REICH ORGASM, ou bien encore le très provocateur et sulfureux "Gloire à Toi", sorte de pied de nez parodique, sous forme d'une réplique nationaliste au très cosmopolite "Salut à toi" des Bérus...
Exercice a priori improbable, mais finalement très réussi, et qui vaut vraiment son pesant de cacahuètes.
 
 Même si l'on peut relever ici et là dans les textes comme dans les vocaux quelques approximations syntaxiques,  de même que d'assez lourdes bourdes sémantiques et autres erreurs de liaisons pouvant prêter à sourire, on les pardonne et les oublie bien volontiers dès lors que l'on se souvient de la jeunesse des membres du groupe à cette époque, et surtout que l'on tient compte de la cohérence du message délivré dans son ensemble, aussi radical et jusqu'au boutiste soit-il.

 De même, si certains propos qui y sont tenus, ouvertement outranciers et hautement provocateurs ("K.K.K..", "Nacht und Nebel", "Mein Kampf"...), ne relèvent pas toujours d'une grande finesse ni d'une
pondération exemplaire, même s'ils ne semblent guère témoigner d'un sens très affuté de la nuance ni de la diplomatie, on ne boudera pas l'indéniable et ô combien salutaire vertu cathartique d'un tel défouloir, surtout dans le contexte social et sociétal que subit actuellement l'Hexagone. A la décharge de BUNKER 84, il convient aussi de souligner le fait que les paroles délibérément "extrêmes" relevaient de l'humour noir et que, pour reprendre les termes employés par Laurent lui-même dans son bref historique, le but recherché était avant tout de briser les tabous cinquantenaires nés de l'après-guerre. Dont acte.

 En ces temps funestes où la tyrannie d'une certaine pensée unique se fait chaque jour plus oppressante, et où, plus que jamais, les nationalistes et autres patriotes de toutes tendances connaissent les affres d'une répression sans précédent, l'extrémisme décomplexé de BUNKER, frisant parfois la caricature mais toujours de façon sincère, spontanée et totalement assumée, a dans son authenticité quelque chose de particulièrement libérateur et rassérénant. A l'heure où l'on étouffe littéralement, la réjouissante impertinence et la motivante combativité de ces irréductibles insoumis nous accordent le soulagement d'une véritable bouffée d'air frais. BUNKER 84,
formation musicale dévouée corps et âme à la lutte pour un certain idéal politico-idéologique, qui n'hésitait jamais à en rajouter trois couches pour paraître toujours aussi méchante et  intransigeante que possible,  c'était aussi et avant tout le bon (?) goût de la transgression, le doux parfum de l'interdit.  .

 Malgré certaines références qui avec le recul du temps apparaissent aujourd'hui un peu datées, ou dont la pertinence s'avère même franchement discutable, l'ensemble a fort bien vieilli, et la plupart des chansons restent aujourd'hui - hélas - d'une criante actualité. Il importe juste de faire preuve d'un minimum de discernement à leur écoute, en sachant effectuer une nette distinction entre ce qui, d'une part, porte clairement la marque de son temps, avec ses contestables errements référentiels et ses provocs à l'emporte-pièce, et ce qui, d'autre part, conserve une pertinence et une valeur intemporelles, apte à inspirer les résistants et les combattants d'aujourd'hui comme ceux de demain.

 Les "antifas" et autres gauchistes de tous poils nourrissent une haine viscérale et irrépressible à l'encontre des groupes de R.A.C. en général, en raison de leur potentiel de "nuisance" subversive. Ils considèrent - non sans raison - que le message "nauséabond" qu'ils véhiculent par la voie musicale a un impact réel et trop souvent sous-estimé, et qu'il exerce ainsi son redoutable pouvoir de séduction et de "conversion" sur un jeune public naïf et malléable à souhait... Raison de plus pour ne pas négliger ce vecteur de diffusion et de communication qui les inquiète tant ! A fortiori lorsqu'on sait que BUNKER 84, groupe emblématique de la première vague du R.A.C. français, est souvent l'une des rares références en la matière qui leur soient connues, ne serait-ce que de nom, et qu'il s'agit généralement à leurs yeux d'une sorte d'incarnation du Mal absolu. Bref, si vous voulez les emmerder en beauté, vous savez donc qui écouter, et quelle musique faire découvrir à vos amis.  


 Ah, j'oubliais : cette superbe intégrale du groupe, à la forme et à la présentation exceptionnelles, n'a été pressée qu'à 300 exemplaires, dont un bon nombre a d'ores et déjà été vendu à l'heure où j'écris ces lignes. Il en reste encore, mais le stock n'étant évidemment pas inépuisable, je ne saurais trop vous conseiller de vous hâter si vous souhaitez ajouter cette pièce d'anthologie à votre collection. S'il s'agit là d'une des meilleures ventes de Martel en Tête, dites-vous bien que ce n'est pas pour rien. Compte tenu de la renommée de BUNKER, il ne fait aucun doute qu'elle est appelée à devenir un collector convoité... Vous ne pourrez donc pas dire que je ne vous avais pas prévenus.


Brown Vermin


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TRACKLIST


CD 1

1. Vieux Continent
2. Un autre crâne rasé est mort
3. Jeunes Loups
4. Jeanne
5. K.K.K.
6. Ultime Ralliement
7. Dure Réalité
8. Gloire à Toi !
9. Victime des Démocraties
10. J'irai pisser sur vos tombes
11. Bootboys
12. Nacht und Nebel
13. Mein Kampf
14. Les Feux de Joie
15. Troupes Skinheads


CD 2

1. Liberté
2. France Réveille-Toi !
3. Le Vengeur Solitaire
4. 357 Magnum
5. Les Travailleurs Français
6. Toujours et encore plus loin
7. Lâche Dictature
8. Classe Ouvrière
9. Clownstory
10. Le Paria
11. France
12. Mes Potes et Moi
13. L'Exécution

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Double CD disponible directement
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EXTRAITS


"Lâche Dictature"


"Victime des Démocraties"



"France Réveille-Toi"


"Jeunes Loups"


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jeudi 15 février 2018

HUMUNGUS : Sans pitié ni remords [CHRONIQUE]

HUMUNGUS
Sans pitié ni remords

CD
Martel en Tête
2016

 Dans tous les styles musicaux, quels qu'ils soient, on trouve toujours quelques grands noms se démarquant du gros des troupes, des artistes occupant les plus hautes marches du podium pour la qualité exceptionnelle de leurs oeuvres, et pour leur maîtrise hors du commun des codes qui régissent les courants auxquels ils se rattachent. En matière de R.A.C., HUMUNGUS relève indéniablement de ce genre d'élite, et ce second album, destiné à devenir un classique dont on se souviendra longtemps, sonne comme la consécration définitive d'un groupe qui n'a plus à faire ses preuves depuis belle lurette.

  Ses premières productions n'étaient déjà pas -tant s'en faut- passées inaperçues, commençant très fort en 2005 par un très bon premier split CD avec leurs compatriotes français de WOLFSANGEL, suivi en 2008 d'un plus que remarquable album longue durée, intitulé "A temps héroïques, jeunesse héroîque". Succédant huit ans plus tard à ce dernier, "Sans pitié ni remords" assène un démenti cinglant à tous ceux qui, emprunts de préjugés ineptes et non sans une certaine dose de morgue suffisante, méprisent cette scène en la jugeant incapable d'engendrer de bons musiciens et des compositions de haut niveau.

 Nous nous trouvons en effet ici en présence d'un R.A.C. surpuissant, au gros son amplifié par une touche de Metal du meilleur effet, valorisé par un mixage efficace comme par une très bonne production. Je ne saurais mieux en décrire le style général qu'en le comparant, comme cela a déjà été fait par ailleurs, à une sorte de combinaison (fort réussie) entre BUNKER 84, DURANDAL et D.S.H. , trois références auréolées d'un certain prestige et qui ne manqueront pas d'interpeller les connaisseurs. Les paroles, bien audibles et fort compréhensibles, sont quant à elles particulièrement radicales et sans compromis, rageusement déclamées par une voix aux accents martiaux et virulents qui rappelle d'ailleurs irrésistiblement celle du chanteur de BUNKER 84.

  L'éventail des thèmes abordés, pour le moins éloquent, comprend entre autres une salve dévastatrice contre la propagande médiatique, les "antifas" et autres gauchos
("Ceux d'en face"), un appel à la résistance active face au péril mortel de l'immigration-invasion ("Le Sentier de la Guerre"), des hommages appuyés aux volontaires français ayant combattu pour leurs idéaux au cours de la Seconde Guerre mondiale ("Blood Und honneur", "La Grande Armée"), à de grands personnages de l'Histoire récente injustement diabolisés ("Le Rêve"), mais aussi une véhémente dénonciation de la dictature gaucho-libérale et bien-pensante qui caractérise le régime politique actuel ("Les Défenseurs de la Raie Publique"). Enfin, histoire de terminer le disque avec une chanson bonus de toute beauté, on pourra apprécier un vibrant panégyrique du patrimoine culturel et mythologique des diverses régions de l'Hexagone, ("Les Légendes de nos Contrées").

 Aux dernières nouvelles, il semblerait que les membres d'HUMUNGUS aient décidé de mettre le groupe en "sommeil", chacun d'eux souhaitant se consacrer à ses activités respectives, ou s'impliquer dans d'autres projets musicaux. La formation n'étant donc pas définitivement morte pour autant, souhaitons que cette période de stand by annoncé ne se prolonge pas plus que de raison, et qu'il nous soit donné d'assister un jour au grand retour sur scène de ce qui fut incontestablement l'une des références les plus marquantes des douze ou treize dernières années.


 Pressé à seulement 500 exemplaires, et accompagné d'un livret de 12 pages retranscrivant l'intégralité des textes (sauf ceux du titre bonus qui referme l'album), "Sans pitié ni remords" constitue une pièce de choix sur laquelle on serait bien en peine de trouver quoi que ce soit à jeter. De surcroit, le registre musical auquel il se rattache est susceptible de séduire aussi bien les amateurs de R.A.C. traditionnel que les fans de Metal identitaire. De quoi fédérer pas mal de monde !

 Jetez-vous les yeux fermés sur ce petit joyau, pendant qu'il en est encore temps.
Car compte tenu de sa qualité générale, il y a fort à parier que l'objet deviendra rare, recherché et convoité, dès lors que son pressage d'origine sera épuisé. Ne ratez donc pas l'occasion de l'acquérir à prix décent, à défaut de quoi vous pourriez le regretter par la suite...

Brown Vermin



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TRACKLIST

01. Ceux D'en Face (03:12)
02. Le Sentier De La Guerre (03:51)
03. Sans Pitié Ni Remords (03:22)
04. Année Zéro (02:58)
05. Les Défenseurs De La Raie Publique (04:44)
06. Des Illusions ... Désillusions ! (03:02)
07. Blood Und Honneur (02:28)
08. Lettre À Un Compatriote (03:50)
09. La Grande Armée (03:59)
10. Le Rêve (04:40)
11. Et Si Je Meurs Demain (03:48)
12. Les Légendes De Nos Contrées (Bonus) (04:15)


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TEASER

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mercredi 7 février 2018

EUGENESIA : "9 de Abril de 1948" [CHRONIQUE]

EUGENESIA
9 de Abril de 1948

CD EP

Martel en Tête
2017

 Le 9 avril 1948, date clé dans l'histoire de la Colombie, fait référence à la journée tragique au cours de laquelle fut assassiné Jorge Eliécer Gaitán, homme politique alors très en vue et qui se trouvait en position de remporter l'élection présidentielle de 1950. Cet assassinat, dont les auteurs et les commanditaires n'ont jamais été clairement identifiés, déstabilisa totalement le pays et le fit plonger dans La Violencia, une période paroxysmique de chaos jalonnée de troubles sanglants, qui se prolongera jusqu'au milieu des années 1950. 

 C'est à la faveur de cette situation de quasi-guerre civile que se sont constitués deux groupes de guérilla marxistes, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), et l'Armée de libération nationale (ELN), dont le premier n'a accepté de déposer les armes qu'en 2016, et dont le second poursuit sa lutte armée à l'heure où j'écris ses lignes. Et bien évidemment, l'émergence de cette mouvance n'a pas manqué de provoquer, en réaction, celle d'un fort courant nationaliste et anticommuniste... Autant dire, donc, que cette date du 9 avril 1948 marque pour la Colombie le début d'une ère de violences politiques et d'instabilité chronique qui perdure depuis déjà près de 70 ans.

 Cette parenthèse historique étant refermée, venons-en à présent au coeur du sujet central, c'est-à-dire ce tout premier EP 5 titres (+ une intro) d'EUGENESIA. Les productions musicales en provenance de Colombie ne sont pas choses courantes, et celle-ci n'est donc pas sans revêtir, pour les Européens que nous sommes, un certain parfum d'exotisme.

 Après l'extrait d'un discours
enflammé du susmentionné Jorge Eliécer Gaitán en guise d'introduction, le disque nous assène sans transition cinq morceaux d'un R.A.C. primitif et brut, sur fond de vocaux rageurs qui scandent en espagnol des paroles revendicatives et sans concession. Salvación o destrucción... Dès le premier morceau "Golpe De Estado Capital" , le ton est donné.  

 La technicité, la subtilité parolière et la recherche mélodique ne semblant guère figurer au nombre des préoccupations premières d'EUGENESIA, le son du groupe, dont le style consiste principalement à marteler des messages directs portés par une rythmique de bulldozer, apparait globalement quelque peu linéaire. Cette sensation de lourdeur sonore se voit même amplifiée - à moins qu'elle n'en soit au contraire quelque peu nuancée - par une touche de Metal dans la guitare. En somme, tout ceci est un tantinet "bourrin", ce qui, pour le coup, ne devrait pas déplaire à ceux qui apprécient tout spécialement cette caractéristique.

 On notera que le dernier morceau, "Crucificados", n'est autre qu'une reprise des TERCIOS, groupe de R.A.C. espagnol bien connu des initiés.

 Une production qui s'adresse donc principalement au noyau dur des inconditionnels du R.A.C., ainsi qu'aux amateurs de curiosités hispaniques. Le CD se présente en simple pochette cartonnée, et est disponible à prix modique.

Alimaña Marrón



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TRACKLIST 

01. Jorge Eliecer Gaitan Speech (Intro)
02. Golpe De Estado Capital
03. Santa Fe De Bogota
04. Comando Skinhead Al Acecho
05. 9 De Abril De 1948
06. Crucificados (Tercios cover)

 

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Mini CD disponible directement
via la boutique en ligne
du label :


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EXTRAIT

Golpe de Estado Capital :

dimanche 4 février 2018

FRAKASS : "Frakass le Système" [CHRONIQUE]


FRAKASS

Frakass le Système

Double CD Digipack

Martel en Tête
2017


 Jolie sortie chez Martel en Tête, avec cette compilation très remarquée du groupe lyonnais FRAKASS, fer de lance de la scène RAC hexagonale actuelle dont la renommée n'est plus à faire. Se présentant sous la forme originale et plaisante d'un digipack à trois volets au format coffret DVD, celle-ci se décline sur deux CDs qui réunissent pas moins de 37 titres représentatifs de la première partie de leur répertoire, s'étalant de 1996 à 2010.

 Le premier CD comprend 18 morceaux extraits des deux premiers albums "Frakass" et "Siegfried", qui témoignent de la première période de FRAKASS, caractérisée par une Oi! basique aux paroles directes et radicales. Si le style général de la musique comme celui des vocaux s'inscrivent dans une veine traditionnelle qui pourra peut-être sembler quelque peu rudimentaire avec le recul du temps, ces enregistrements ont en tout cas le mérite de donner un aperçu fidèle de ce qu'était le groupe à l'époque où celui-ci commençait déjà à acquérir une grande notoriété au sein de la scène rock nationaliste. A titre personnel, je décerne une mention spéciale au morceau "Légitime défonce", sur lequel j'accroche tout particulièrement. Mais ceci n'engage bien évidemment que moi, car il est tout à fait possible que vos propres préférences aillent à d'autres chansons de cette même période fondatrice.
A vous d'en décider !


 L'ensemble est complété par 3 autres titres issus du split CD "European Storm" (split réalisé en 2010, avec les Polonais de WHITE MASTER), sur lesquels une évolution musicale certaine est immédiatement perceptible, dans le bon sens selon moi. Les influences Hardcore et Metal sont passées par là entre temps, et cela s'en ressent fortement. On remarquera particulièrement parmi eux "La Mort au Tournant", reprise très efficace
et adaptée en français de la chanson "Was it Me" de THE EXPLOITED, nantie d'un gros son encore plus puissant que celui de l'originale.


 Le deuxième CD reprend quant à lui l'intégralité de l'album "Bouclier contre boucliers", pièce maîtresse de la discographie de FRAKASS sortie en 2005, complété de 4 morceaux live bénéficiant d'une très bonne qualité sonore, enregistrés en 2010, au cours de l' European Storm Tour (tournée ayant accompagné la sortie du split CD précédemment cité). Les influences Hardcore, voire Thrash Metal par moments, sont ici assez marquées, tout en restant suffisamment dosées pour que le son de l'ensemble reste dans le registre Oi!/RAC. Les paroles, quant à elles, sont plus travaillées tout en demeurant percutantes, et abordent tous les principaux thèmes de la rébellion identitaire.

 Mais qui a dit que les natios ne savaient que prôner le repli sur soi franco-français, en une sorte d'ethnocentrisme des plus limités ? Les chansons de l'album "Bouclier contre Boucliers" viennent tordre le cou aux idées reçues et aux clichés simplistes, en comprenant notamment de vibrants hommages à la résistance du peuple Kalash opprimé par le pouvoir musulman au Pakistan ("Rêveur d'Empire"), ainsi qu'aux combattants irlandais et à leur opiniâtre lutte de libération nationale face à l'impérialisme britannique ("Pâques sanglantes"). Beaux exemples de solidarité inter-nationaliste s'il en est.

 On a même droit à une fort sympathique reprise de la bien bretonne "Blanche Hermine". Une version que Gilles Servat avouerait sans doute fort réussie, si seulement le carcan de son parti pris idéologique et des dogmes inhérents à sa famille politique se relâchait suffisamment pour lui permettre d'en juger avec un minimum d'objectivité. Y compris et surtout lorsque ses propres compositions sont interprétées - non sans talent - par d'abominables suppôts de la "Bête immonde"...



 Ce premier volume de Frakass le Système, collector en devenir, a fait l'objet d'un pressage limité à seulement 500 exemplaires. Son packaging plutôt classieux et qui sort de l'ordinaire comprend de surcroit un livret de 16 pages retranscrivant tous les textes de l'album "Bouclier contre Boucliers". Une bien belle production qui ravira les fans, mais qui pourra aussi convenir aux néophytes désireux de mieux connaître le groupe, puisqu'il constituera alors une bonne entrée en matière. 

 Pour finir, il est à noter qu'un second volume, retraçant le parcours du groupe entre 2010 et 2015, est d'ores et déjà en préparation, et qu'il devrait voir le jour prochainement chez Martel en Tête. Affaire à suivre, donc.



Siegfried Warwulf




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TRACKLIST
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Double CD disponible
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http://martelentete.com 


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EXTRAITS













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